| Saviez-vous qu'il existe sur Internet
un commerce lucratif de travaux scolaires « prêts à remettre » ?
Aux États-Unis, les médias en parlent depuis quelques
années déjà. Au Québec et en France, on dit qu'Internet est
un outil qui se prête facilement à la tricherie : un incitatif
à la paresse et à la facilité intellectuelle !
Jamais tricher n'a été aussi facile, semblerait-il
!
Nous vous suggérons de lire l'article
: Internet, un outil pour tricher, publié sur le
site de l'Infobourg
pour en savoir plus et d'inscrire Tricherie
dans le moteur
de recherche de ce site.
Y a-t-il des solutions ?
À la fin du premier article, vous retrouverez
quelques
pistes de solution.
Suite à une question de Nicole
Perreault, conseillère pédagogique du Cégep
Édouard-Montpetit, à la liste de diffusion de l'APOP
le 15 avril 2003, plusieurs professeurs ont suggéré
d'autres pistes de solution (Jocelyne Lacasse, Nicolas Faucher,
Jean-François Léonard et Clément Pouliot).
Voici ces solutions résumées par
Mme Perreault (Le
plagiat avec Internet : des solutions, article en ligne
et disponible dans la revue Clic) :
Il existe deux types de solutions pour contrer
le plagiat sur Internet : les solutions de détection du plagiat
et les solutions de prévention du plagiat.
1. Les solutions de détection :
Faire appel à un moteur de recherche
Une solution simple consiste à sélectionner dans
le texte de l’élève une suite de mots (bout de phrase), à la copier
et à la coller entre guillemets dans un moteur de recherche comme
Google, puis à lancer la recherche. Le moteur de recherche retracera
alors toutes les pages Web contenant la suite de mots placés entre
guillemets. Par exemple, une professeure de Sherbrooke utilise la
fonction de recherche avancée de Google en donnant des chaînes de
mots et cela fonctionne très bien. C’est ainsi qu'elle a pris une
équipe d’un cours en délit de plagiat. Par la suite elle a imprimé
les sections copiées sur Internet et les a brochées aux travaux
de l’équipe. Elle a observé qu’il y a peu de contestation
ou de remise en cause. Ce professeure estime que cette intervention
a une fonction préventive auprès des élèves des sessions ultérieures.
S’abonner à un site « détecteur de plagiat »
Il peut arriver qu’un élève plus aguerri à l’Internet
et aux possibilités de détection offertes par les moteurs de recherche
décide de remplacer certains mots par d’autres, ou bien de modifier
ou d’ajouter des phrases au texte original. Dans ce cas, le plagiat
devient plus difficile à détecter, mais il existe tout de même des
solutions. Par exemple, il est possible de s’abonner à un site comme
Plagiarism.org
qui compare les travaux soumis à une base de données mettant à contribution
de nombreux moteurs de recherche pour évaluer globalement le degré
d'originalité ou de plagiat d'un travail (mots ou phrases substitués,
ajout de phrases, etc.). Il ne s'agit donc pas d'une simple comparaison
élémentaire. On peut s’abonner à de tels sites détecteurs de plagiat
moyennant une cotisation de base d'environ 20 $ qui couvre l’analyse
de 30 travaux; des coûts de 50 cents sont chargés pour chaque analyse
subséquente. Pour les gens que cela intéresserait, certaines compagnies
ayant pignon sur le Web offrent des périodes d’essai gratuit de
leur logiciel détecteur de plagiat :
-
Par le biais de son logiciel Turnitin, Plagiarism.org
offre aux professeurs de soumettre cinq travaux d’élèves. Pour
chaque travail soumis, Turnitin fera un rapport détaillé sur
son originalité dans les 24 heures suivant la soumission.
-
Eve
2 permet de télédécharger son logiciel et de l’utiliser
gratuitement pendant 15 jours.
-
Wordcheck
permet également de télédécharger son logiciel et de l’utiliser
gratuitement pendant 30 jours.
2. Les solutions de prévention
Limiter les travaux avec recherche sur Internet
ou demander des travaux avec des sources multiples (sites web, livres,
magazines…).
Indiquer des objectifs très précis, de sorte
qu’il n’y ait pas de travaux fait sur mesure.
Donner des échéanciers pour les différentes
parties d’un projet, avec des rapports d’étape, et tenir compte
de ces rapports dans l’évaluation finale.
Demander une bibliographie avec tous les
travaux.
Faire partager les résultats oralement en classe
(un élève qui a rédigé lui-même son travail le connaîtra mieux qu’un
autre qui aura fait « copier-coller »).
De plus en plus d’enseignants décident aussi de
passer un contrat de non-plagiat avec leurs élèves au début
de l’année scolaire. Le simple fait d’avoir signé un engagement
peut décourager les enfants de copier, et cela peut devenir l’occasion
de leur expliquer l’importance de respecter leurs promesses et l’utilité
des contrats écrits et dûment signés.
Un professeur du réseau collégial a développé une
méthode qui, selon lui, éradique à peu près le plagiat. Les élèves
doivent remettre un dossier de presse contenant des photocopies
de tous les textes utilisés pour la recherche et en faire des fiches
citations et des fiches résumés. Aucun passage de la recherche ne
pourra provenir d'un texte pour lequel le professeur n’a pas copie...
Une autre méthode consiste à demander, pour
chaque travail, la disquette, que nous copions sur le disque
dur...
La pratique de l'évaluation formative tout
au long de la formation assure aussi de ne pas se retrouver avec
du « jamais vu » le 20 mai...
Mme Perreault a aussi publié un dossier
dans Profweb:
"Le
plagiat et autres types de triche scolaire à l'aide des technologies
: une réalité, des solutions" et la version
anglaise "Plagiarism
and Other types of Electronic Cheating", le 22 janvier
2007.
En terminant, nous vous invitons à consulter
les documents suivants:
- Le Centre régional de documentation pédagogique
de l'académie de Créteil présente un article
intitulé : « Citation
et plagiat ».
- Le site d'Hélène Maurel-Indart: le
plagiat.net. Mme Maurel-Indart est l’auteur d’un
essai intitulé « Du plagiat » de
la collection Perspectives Critique et d’un deuxième
ouvrage à venir en septembre prochain « Plagiats
ou les coulisses de l’écriture » aux Éditions
de la Différence. Elle a aussi organisé en 2001
un colloque à l’Université de Tours.
Préparé par la CEST-Jeunesse 2005, à la demande
de la Commission de l'éthique, de la science et de la technologie,
cet avis définit le plagiat électronique par rapport aux autres
formes de plagiat dans les travaux scolaires et s'interroge sur
le sens du plagiat au regard des buts de l'éducation dans le contexte
québécois.
En tenant compte des valeurs à promouvoir en éducation,
l'avis formule quatre recommandations à l'intention des principaux
acteurs concernés :
- Prévention : honnêteté, responsabilité, originalité et plaisir
d'apprendre.
- Sensibilisation des jeunes
- Connaissance des technologies de l'information et de la communication
(TIC) et méthodes d'enseignement et d'évaluation
- Sanctions claires, adaptées et rigoureuses : transparence et
équité.
En conclusion, l'avis soulève des questions
et enjeux sur lesquels la réflexion devrait se poursuivre :
- Le principe de présomption d'innocence;
- Les causes premières du plagiat ;
- La propriété intellectuelle.
Ce document insiste sur la nécessité d'offrir aux
enseignants une formation continue pour qu'ils soient plus à même
de contrer le plagiat électronique. Pour rendre le plagiat moins
attrayant, la CEST-Jeunesse 2005 recommande aux enseignants de miser
davantage sur des travaux qui aiguisent la curiosité et le plaisir
d'apprendre. |