| Définitions
Approche par compétences
Pratiques pédagogiques favorisant
le développement des compétences
Bibliographie
La Direction générale de l'enseignement
collégial décide, en 1993, d'implanter progressivement
l'approche par compétences dans tous ses programmes.
Le nouveau programme de Sciences de la nature 200.B0
qui a été implanté dans le réseau collégial
en 1999, a été élaboré, lui aussi, selon
cette approche. Et pourtant, nulle part dans ce programme,
on explique ce que l'on entend par « approche par compétences »
ni comment enseigner pour aider les élèves à
développer des compétences !
Faute d'information sur le sujet, la majorité
des professeurs n'ont que très peu changé leur pratique
pédagogique, selon les résultats
d'un sondage-maison que nous avons fait circuler en 2001.
Pour éclaircir ce mystère, nous vous
suggérons donc une réflexion sur le sujet.
Définitions
Dans un premier temps, attardons-nous à
la définition des concepts que l'on retrouve dans le programme.
Peut-être sera-t-il plus facile, par la suite, de saisir un
peu plus comment enseigner selon l'approche par compétences ?
Dans le programme, chaque compétence
est décrite en termes de résultats attendus, sous
la forme d'objectifs et standards.
Ces standards sont décrits, quant à eux, sous la forme
de critères de performance.
Par exemple :
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Énoncé de la compétence
Analyser les transformations chimiques et
physiques de la matière à partir des notions
liées à la structure des atomes et des molécules.
Éléments
Appliquer le modèle probabiliste
de l'atome à l'analyse des propriétés
des éléments.
Résoudre des problèmes touchant
la structure et les états de la matière à
l'aide des théories modernes de la chimie.
Appliquer les lois de la stoechiométrie
à
l'étude des phénomènes chimiques.
Vérifier expérimentalement
quelques propriétés physiques et chimiques de
la matière.
|
Critères
de performance
Utilisation appropriées des concepts,
des lois et des principes.
Utilisation d'une terminologie appropriée.
Représentation conforme au modèle
probabiliste.
Schématisation adéquate des
situations présentées.
Application correcte du protocole expérimental
et des techniques.
Respect des règles de sécurité
et de protection de l'environnement.
Exactitude des calculs.
Présence des éléments
constituant d'un rapport de laboratoire et respect des normes
établies. |
Sous la description des objectifs et standards,
il y a aussi une section sur les activités
d'apprentissage, qui, aussi étonnant que cela puisse
paraître, ne fait mention d'aucune activité d'apprentissage !
On y trouve plutôt de l'information sur le
champ d'études (ex. Sciences de la nature), la discipline
enseignée (ex. chimie), la pondération, le nombre
d'unités et des précisions sur des éléments
de contenu (ex. orbitales et probabilités de présence
des électrons, nombres quantiques, liaisons intramoléculaires,
etc.).
Les définitions que l'on retrouve
dans le programme sont les suivantes :
Compétences : En ce qui
concerne la formation préuniversitaire, les compétences
reposent à la fois sur des connaissances, des habiletés,
des attitudes, etc., dont l'acquisition ou la maîtrise est
nécessaire pour réussir des études préuniversitaires
dans des domaines précis.
Objectifs : Les objectifs des
programmes d'études préuniversitaires déterminent
les résultats attendus chez l'étudiant ou l'étudiante.
C'est l'atteinte des objectifs et le respect des standards qui assurent
l'acquisition ou la maîtrise de compétences propres
à l'enseignement collégial et nécessaires en
vue de poursuivre des études universitaires dans des domaines
d'études précis.
Standard : Le standard correspond
au niveau de performance considéré comme le seuil
à partir duquel on reconnaît qu'un objectif est atteint
(Règlement sur le régime des études collégiales,
article 1). C'est l'atteinte des objectifs et le respect
des standards qui assurent l'acquisition ou la maîtrise de
compétences propres à l'enseignement collégial
et nécessaires en vue de poursuivre des études universitaires
dans des domaines d'études précis.
Critères de performance
: Les critères de performance définissent les exigences
permettant de reconnaître le standard. Pour que l'objectif
soit atteint, tous les critères doivent être respectés.
Approche par compétences
Grosso modo, on peut ajouter qu'une compétence
vise la formation globale de l'individu. On pourrait dire qu'elle
est un « savoir-mobiliser » qui se manifeste
dans l'action. Les pratiques pédagogiques devraient donc
être plus systémiques, fonctionnelles et intégrées
que la simple transmission des connaissances.
COMPÉTENCE |
BUT |
DÉFINITION |
QUALITÉS |
|
|
-
Savoir et pouvoir agir
(nécessite de réinvestir
la matière apprise)
-
Savoir-faire
-
Savoir-mobiliser
(savoir appliquer
les connaissances
au moment opportun)
-
Capacité de faire quelque chose,
à agir efficacement
-
Habileté psycho-sensori-
motrice
-
Comportement socio-affectif
-
Capacité de prendre des décisions
et de résoudre des problèmes
-
Capacité de faire face à
des familles de tâches et des situations faisant
appel à des notions, procédures, méthodes,
techniques, etc.
|
-
Mesurable
-
Se manifeste dans
l’action
-
Nécessite un processus
d’acquisition, d’organisation
et d’intégration
-
Fonctionnelle (non seulement disciplinaire)
-
Systémique
(non seulement
sectorielle)
-
Intégrée
(moins fragmentée)
|
L'approche par compétences implique donc
un changement de vision de l'enseignement, soit d'une transmission
d'un contenu (ex. cours magistraux et application d'exercices répétitifs)
conditionnée par une logique de la discipline vers le développement
d'activités d'apprentissage incitant les élèves
à agir pour s'approprier des connaissances, mais aussi des
habiletés et des attitudes facilitant l'intégration
de leurs apprentissages.
Le professeur sera davantage une « personne-ressource
», un « guide » agissant sur la motivation de
ses élèves en ancrant, par exemple, les connaissances
dans un contexte significatif. Il devient également un concepteur
d'activités pédagogiques facilitant l'acquisition
des connaissances et leur application et développant des
apprentissages de haut niveau tels que la schématisation,
l'analyse, la synthèse, l'évaluation, etc. Il s'assure
aussi que les apprentissages acquis soient transférés
dans un contexte différent pour vérifier leur intégration.
Il se soucie, par ailleurs, que ses élèves soient
en mesure d'être critiques envers leurs apprentissages en
les aidant à développer une démarche réflexive
(métacognition).
Pratiques pédagogiques favorisant
le développement des compétences
Selon le document Les stratégies pédagogiques
au regard de l'approche par compétences du Groupe de
travail de Performa, 1995, les aspects dominants des pratiques pédagogiques
adoptées par des professeurs du collégial utilisant
l'approche par compétences, sont les suivants :
- Mention aux élèves des
résultats attendus à la fin du cours (compétence
visée et éléments de compétence),
le chemin pour y arriver et le contexte où se situe le
cours (ex. le programme dont il fait partie, le moment où
il arrive dans la formation de l'élève, le rôle
qu'il joue dans la formation de l'élève, etc.),
et ce, au début du cours, pendant le cours (à chaque
moment de transition d'un élément de compétence
à un autre, par exemple) et à la fin du cours pour
en faire le bilan.
Une façon de procéder pourrait
être, par exemple, de présenter dès le premier
cours et périodiquement pendant la session, un schéma
décrivant la compétence et les éléments
de compétence (ex. schéma
de la compétence du cours de chimie des solutions).
La connaissance de la finalité du cours
jouerait sur la motivation des élèves.
-
Enseignement basé sur les besoins
des élèves plutôt que sur le contenu
à transmettre. Cette transmission du contenu n'est plus
une finalité en soi, elle est davantage un moyen balisant
le chemin qui mène à la compétence.
-
Sens apporté aux apprentissages
pour leur assurer une meilleure intégration,
par exemple, en créant des liens avec d'autres parties
du programme, avec la vie personnelle, avec le devenir en tant
que citoyen, avec son utilité, avec les enjeux des événements
de l'actualité, etc.
- Création de situations où
l'élève participe activement à la construction
de ses compétences. L'élève s'engage
activement dans ces activités, il apprend à partir
de ses expériences au lieu d'écouter un « transmetteur
de connaissances ». L'élève est alors
responsable de son apprentissage. Le professeur fournit le contexte
et les outils pour l'amener à se responsabiliser vers une
plus grande autonomie. Il est aussi un « facilitateur »
et un « modèle ». Il aide les élèves,
par exemple, à créer des liens, à structurer,
à hiérarchiser leurs idées et leur discours.
- Les situations d'apprentissages peuvent provenir de
différentes approches pédagogiques rendant les élèves
actifs : le travail en petits groupes, les études
de cas, les jeux de rôles, la simulation, l'exposé
oral, l'enseignement par les pairs, l'apprentissage
par problèmes, la pédagogie
du projet, l'apprentissage
coopératif, les controverses
structurées, les débats, l'approche
par questionnement, etc. (Pour d'autres stratégies
pédagogiques, vous pouvez aussi consulter la Trousse 6
: Nouvelles stratégies pédagogiques du Carrefour
de la réussite au collégial et 20 Formules pédagogiques
de G. Chamberland, L. Lavoie et D. Marquis, Presses de l'Université
du Québec.)
L'Université
de Sydney, Australie, propose des stratégies alternatives
aux cours magistraux pour l'enseignement des sciences. Pour connaître
ces suggestions, vous pouvez consulter le site Alternative
Strategies for Science Teaching and Assessment.
Plusieurs exemples d'activités
pédagogiques rendant les élèves actifs sont
disponibles dans les recueils de scénarios pédagogiques
Coffre aux trésors pédagogiques en sciences
au collégial, vol. 1,
vol. 2 et Étincelles
pédagogiques en sciences au collégial, vol. 1,
vol. 2, vol. 3,
vol. 4 et vol.
5.
- Intégration des apprentissages. L'intégration
est un résultat, mais aussi un processus. Le professeur
peut, par exemple, faciliter cette intégration en communiquant
aux élèves les liens entre les différentes
connaissances, les applications, les habiletés ou, encore
mieux, en les mettant dans des situations d'apprentissage où
ils ont à créer leurs propres liens (voir le dossier
sur l'intégration
des apprentissages). Il peut aussi amener les élèves
à exprimer leurs connaissances antérieures, leurs
conceptions spontanées pour ensuite les remettre en question
en fonction des situations d'apprentissage (voir le texte L’apprentissage :
la structure de connaissance antérieure de l’élève
est-elle modifiée? de Gustave Ngombi Kiyanda (2005)
et les livres L'enseignement scientifique, Comment faire pour
que ça "marche" ? de G. De Vecchi et A.
Giordan et Une pédagogie de l'intégration, Compétences
et intégration des acquis dans l'enseignement de X.
Roegiers pour plus d'information sur le sujet).
L'utilisation des schémas de concepts
intégrateurs peuvent être des outils puissants
pour faciliter l'établissement de liens entre les différents
éléments de compétences d'un cours. En
voici deux exemples : cartes
conceptuelles du cours Chimie générale :
la matière (NYA) et du cours Chimie
des solutions (NYB) (réalisées par France
Garnier). Ces schémas sont présentés au
début du cours comme une carte géographique de
la compétence et sont ensuite repris régulièrement
pour situer les notions du cours en chemin. Ils peuvent également
faciliter l'étude.
-
Transfert des apprentissages
en mettant les élèves dans des situations analogues
et qui, idéalement, ressemblent à des situations
complexes proches du marché du travail ou de la vie de
tous les jours. En amenant les élèves à
transférer leurs apprentissages, le professeur peut alors
s'assurer que les apprentissages sont bien intégrés.
- Évaluation formative pendant
tout le processus de réalisation des activités d'apprentissage.
Ces évaluations ont comme objectif de donner une rétroaction
pour que les élèves s'améliorent. Les autoévaluations
sont aussi des outils fort intéressants pour amener les
élèves à se questionner sur leur propre apprentissage.
Ils peuvent également s'autoévaluer lors d'un travail
en équipe, par exemple. L'évaluation sommative,
quant à elle, devrait avoir lieu uniquement à la
fin du processus qui conduit à la compétence. Elle
évalue non seulement les connaissances acquises, mais le
processus et les habiletés développées pendant
le cours. Cette évaluation nécessite alors de rendre
très explicites les critères des performance et
le seuil de réussite, ainsi que d'être cohérent
avec le type d'approches pédagogiques adoptées pendant
la session pour aider les élèves à se préparer.
Pour plus d'information : L'évaluation
des apprentissages dans une approche par compétences,
Gérard Scallon, Montréal, ERPI, 2003.
Bibliographie
Suggestions
de lecture sur l'approche par compétences de la revue
Pédagogie collégiale, volume 12, numéro 3,
mars 1999, p. 8.
François Cauchy, Le plan de formation
: Apprendre pour développer des compétences (La
production d’activités d’apprentissage à
partir d’objectifs et standards), Laval (Collège
Montmorency), Performa, 1998. 67 p.
Pôle de l’Est, Processus de planification
d’un cours centré sur le développement d’une
compétence, Délégation collégiale
du comité mixte de Performa, 1996. (table des matières,
ce document peut-être emprunté au Centre de documentation
collégiale, CDC).
Groupe de travail de Performa, Les stratégies
pédagogiques au regard de l'approche par compétences,
1995 (ce document peut-être emprunté au Centre de documentation
collégiale, CDC).
François Lasnier, Réussir la
formation par compétences, Montréal, Guérin,
2000, 485 p.
Jean Proulx, Le travail en équipe,
Montréal, Presses de lUniversité du Québec,
1999, 146 pages.
Louise Guilbert et Lise Ouellet, Étude
de cas, Apprentissage par problèmes, Montréal,
Presses de lUniversité du Québec, 1999, 154 pages.
Gilles Chamberland et Guy Provost, Jeu, simulation
et jeu de rôles, Montréal, Presses de l'Université
du Québec, 1996, 196 pages.
Gilles Chamberland, Louisette Lavoie et Danielle
Marquis, 20 formules pédagogiques, Presses de l'Université
du Québec, 1999, 176 p.
Gérard Scallon, L'évaluation
des apprentissages dans une approche par compétences,
Montréal, ERPI, 2003.
Gérard De Vecchi et André Giordan,
L'enseignement scientifique, Comment faire pour que ça
"marche" ? Z'éditions, 1996.
Xavier Roegiers, Une pédagogie de l'intégration,
Compétences et intégration des acquis dans l'enseignement,
2e édition, De Boeck Université, 2001.
Philippe Jonnaert, Compétences et socioconstructivisme,
Un cadre théorique, De Boeck Université, 2002.
Jean Proulx, Apprentissage par projet,
Montréal, Presses de lUniversité du Québec,
2004, 232 pages.
Danielle Raymond, Qu'est-ce qu'apprendre et
qu'est-ce qu'enseigner ? Un tandem en piste !, Montréal,
AQPC, 2006.
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